EQUINE THERAPY

         DOSSIER.

 

HISTOIRE

 

Saumur 1990. Premiers éclairages  des sciences éthologiques à partir de l’observation du cheval en semi liberté en collaboration avec Danièle Gossin.

Mise en place d’une grille de lecture du concept « miroir révélateur » associant l’expérience équine (éthologie comparée) et le principe de l’incertitude avec le concours de Jacques Defrenne et Chantal Delvaux, professeurs de psychologie clinique de l’Université Libre de Bruxelles.

Participation de l’Université Catholique d’Angers à l’élaboration du concept et du laboratoire de biologie du comportement ainsi que du département d’anthropologie physique du Collège de France.

Saumur 1994. Premières observations cliniques humaines sur des personnes volontaires. Les hypothèses de départ se révèlent valides et permettent de cerner au mieux les indications dans le cadre de l’adaptabilité sociale.

Programme d’Aide et de soutien aux salariés.

 

Paris 1995.  Sortie du livre «  Faut-il tuer le stress ? » de Jean Claude Ringler aux éditions Grancher, où il est fait mention du projet le cheval miroir des émotions.

 

Colorado 1996. Sous la responsabilité du Ministère de la Justice Nord Américaine, une expérience équine dans le but de réinsérer des détenus en fin de peine, accrédite l’expérience du cheval et améliore considérablement le taux de réinsertion avec une chute de 30% des récidives . L’expérience a donc été étendue à un grand nombre de centres pénitenciers.

 

Miraval Resort and SPA en Arizona. Création d’un centre résidentiel utilisant la connaissance  de soi avec le cheval.

 

Eagala 1999 . Création de l’EAP (Equine Assisted Growth and Leraning),

 

CONCEPT et MÉTHODE.

 

Cette approche globale et récursive a pour vocation d’harmoniser raisonnements et émotions, d’anticiper les répétitions des scénarios de la vie, de faire l’expérience de la conscience  de soi , de comprendre les bénéfices de la socialisation, de la maîtrise des relations interpersonnelles et de « faire face »  aux différentes sources de stress.

 

Le cheval est introduit comme médiateur et révélateur des émotions.

Avec le cheval, on se trouve au niveau des structures élémentaires des relations: peur, approche, retrait, confiance, stress….Or ces relations  élémentaires se trouvent, bien sur aussi, dans les relations avec les êtres humains, mais elles sont là obscurcies par le langage et d’autres informations qui ne sont pas nécessairement significatives sur le plan relationnel.

On peut apprendre avec le cheval à aller vers l’animal, à observer les réactions qu’il a à notre égard, à lire les signaux de son corps et ressentir, éprouver le lien

( il a peur il attend, il prend confiance….) Cela favorise la concentration sur ce qui compte dans une relation. C’est un apprentissage important qui nous aiderait certainement dans la gestion de nos relations sociales. Il peut-être  parfois difficile de faire des choses simples, mais cela donne un ancrage solide, une position claire dans cette relation.

En effet, le cheval, animal  sensitif, est capable de ressentir et de réagir spontanément aux états intérieurs de tout être environnant. Il doit d’ailleurs sa survie à cette capacité de vigilance et de ressenti qui lui permettent de fuir ou combattre, sachant qu’il n’est pas armé, à l’instar d’autres proies, équipées, elles, de cornes ou de défenses.

La réponse comportementale de l’animal « réfléchit » l’état intérieur de son interlocuteur. Une lecture fine de la grille éthologique et comportementale humaine et équine permet l’interprétation du vécu ici et maintenant et l’analyse des problèmes évoqués .

Dans cet espace, pas de faux fuyants mais une transparence des états exprimés, le cheval ne jugeant pas, ne mentant pas.

Selon Boris Cyrulnik, le cheval est « un tuteur de résilience et peut redonner un sens à la vie après tout traumatisme. »

Si l’on n’est pas averti de la manière dont il communique on peut-être amené à des confrontations imprévisibles à apprendre à contrôler. Ceci impose donc un apprentissage du respect mutuel et va conditionner une fonction cadrante  ainsi que la capacité à résoudre des problèmes. Seule l’acceptation des règles de sécurité mettent le sujet dans une situation protectrice.

Il faut  considérer l’animal comme un « facilitateur » de la communication sociale et le cheval joue ici le rôle de catalyseur en induisant les échanges entre « étrangers ».

Tous ces éléments de communication permettent de former avec l’animal des interactions possédant une structure significative pour l’être humain, c'est-à-dire dans lesquelles il peut entrer sans perdre ses repères. Ces interactions ont cependant suffisamment d’altérité pour permettre à tout un chacun de faire l’expérience de modalités relationnelles nouvelles et donc d’apprendre des choses sur lui-même.

Il convient en tout cas de définir ces actions dans un cadre thérapeutique et de les distinguer du « récréationnel ».

Il faut considérer comme thérapeutique ce qui engendre des apprentissages permettant au sujet de mieux surmonter les problèmes, quels qu’ils soient, que lui pose l’existence.

Enfin, il faut insister qu’il est important de ne pas déconnecter l’animal de la nature plus vaste à laquelle il appartient, ni du réseau de relations qui l’unit et qui nous unit au monde naturel. Sinon le cheval ne devient qu’un simple outil  et on perd tout le potentiel de bienfait. Ainsi, on rétrécit considérablement les champs du possible et la créativité qu’apporte la présence équine, tout en augmentant les risques de mésusage  de l’animal, non éthiquement corrects.

 

LES CIBLES.

 

Qui peut bénéficier de ces programmes ?

Tous les « HANDICAPES SOCIAUX» , ceux qui ont perdu leur confiance en eux et envers les autres.

Les personnes « addict ».(alcool, tabac, drogues, alimentation….)

Les « au bout du rouleau », les souffrants au travail…..

Les délinquants en difficulté de réinsertion, les enfants en souffrance.

En d’autres termes il s’agit d’aborder l’action comportementale inadaptée en intégrant la dimension de l’être humain en tant que sujet « bio-psycho-social ».

 

CONDITIONS.

 

Unité de lieu

Chevaux en liberté, sans mors ni attache.

Stabulation libre, prés pour une cavalerie réduite (5 à 6 chevaux)

Manège ou « round pen » couverts

Salle de réunion avec système vidéo.

 

MODALITÉS PRATIQUES

Choix du cheval au pré

Travail au sol et en liberté individuel ou en groupes

 

 

AXES DE TRAVAIL.

 

Observation des chevaux

Ethologie appliquée dans la relation  homme-cheval

Capacité à se faire comprendre et à être compris (empathie)

Émission d’hypothèses de l’état intérieur

Recueil des informations et discussions

Cohérence cardiaque.  La variabilité de la fréquence cardiaque est le reflet de l’état émotionnel. Dès que les rythmes humain-cheval rentrent en cohérence et s’accordent, la relation est dite  en connexion. Cela figure une interprétation objective sur l’état de la relation établie et mesure la capacité de contrôle.

Utilisation de la vidéo pour l’interprétation.

 

Objectifs : Ils représentent les facteurs de protection

    identifier et contrôler les émotions

    contrôler les tendances pulsionnelles

    améliorer les compétences sociales

    favoriser l’estime de soi

 

Critères d’évaluation :

degré de socialisation et de lien social

degré d’empathie et de partage

capacité d’acceptation des règles et de résolution des problèmes

contrôle des consommations addictives

confiance en soi

 

 

 

 

 

 

 

EN  CONCLUSION 

 

 

 

 La mise en place d’un apprentissage  par  l’intelligence émotionnelle constitue une réponse au constat de l’état de détérioration des «  victimes » sociales et  s’inscrit dans une vision globale.

La médiation animale, en l’occurrence par le cheval, offre une facilitation de l’expression émotionnelle et une  amélioration de la capacité à résoudre les problèmes. En outre le travail accompagné par le cheval constitue une rééducation efficace de la communication et de la socialisation.

Elle s’intègre dans tout projet ou structure valorisant une amélioration de la qualité de la vie et de la réduction des risques.

Aux USA plusieurs centres universitaires ont introduit avec succès ce type de programmes (Equine Thérapy) .

Car, outre les effets immédiats qu’elle induit, elle encourage les comportements adaptés et constitue une forme fondamentale  de lien et de cohésion sociale propices à un véritable développement d’écologie humaine durable.

 

 

 

 

 

 

                                                            Docteur Jean Claude  RINGLER