8. Y a-t-il un bon mode d'approche des jeunes chevaux ?

Les Prezwalskis ne sont pas toujours d'humeur à se laisser approcher aisément ! Photo Cheval Attitude

(C. Sankey, S. Henry, C. Clouard, M.A. Richard-Yris, M. Hausberger)

Il existe peu d’études sur la manière générale d’approcher les jeunes chevaux, et la plupart des cavaliers ne se demande jamais si l’on doit monter à cheval autrement que par la gauche.

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Commentaires

 

Bonjour à tous.

Je n'ai certainement pas l'expérience, et encore moins la rigueur scientifique de Martine Hausberger et son équipe. Mais j'ai trouvé une règle d'or pour aborder un cheval, jeune ou pas.

Lorsque j'ai été initiée à l'équitation éthologique, et à l'observation du comportement des chevaux, on m'avait expliqué "les chevaux préfèrent être abordés du coté gauche parce que l'hémisphère droit auquel il est relié gère l'instinct de fuite : ainsi le cheval se sent sécurisé de pouvoir satisfaire cet instinct." Ca m'avait laissée très sceptique : les histoires d'hémisphères cérébraux, c'est pas mon truc. Comme déjà, je ne suis pas une scientifique...

Et d'ajouter "les zones de contact particulièrement apréciées des chevaux sont l'épaule et le garrot : zone de toilettage mutuel. Abordez les chevaux perpendiculairement à ces parties." Du coté gauche, donc.

Là dessus, j'ai appris 2 ou 3 trucs d'équitation éthologique pour travailler avec les chevaux. J'ai surtout appris l'importance de rester "cool", ne pas m'énerver quoi qu'il arrive, la capacité de me libérer de toutes les tensions pour ne pas crisper le cheval...

Et j'ai eu l'occasion de mettre en pratique tout celà avec quelques poneys difficiles à attraper. Sauf que la pratique n'a pas forcément réjoint la théorie sur tous les points...et encore moins sur ceux énoncés dans le présent article !

Parmi les 2 poneys "dur à choper" du premier poney-club où j'ai travaillé, tous les 2 fuyaient à notre approche. L'un d'eux s'arrêtait un peu plus loin, nous tournant le dos, la tête haute et légèrement de coté pour mieux nous surveiller : j'arrivais derrière lui, dans son champ de vision, cool, le posais ma main sur sa croupe. Et là, je savais que je pouvais remonter son corps jusqu'à la tête pour lui mettre le licol. L'autre poney s'éloignait et, faisant demi-tour me faisait face de 3/4, du coté gauche : je l'approchais ainsi, arrivée presque à le toucher, il se tournait pour être vraiment face à moi et je pouvais le caresser avant de lui mettre le licol.

Qu'ai-je conclu de ces 2 cas ?

Qu'un cheval veut bien qu'on l'attrape si c'est selon SES règles...et elles sont toutes différentes selon les individus. Si on l'aborde mal, il fuit...mais comme les chevaux ont toujours un bon fond et sont plein de bonne volonté, ils se placent toujours de la façon dont ils aimeraient être abordés : sur le coté, par devant, par derrière, etc...Il suffit d'un peu d'observation et de patience pour laisser le cheval se rassurer puis se placer comme il le souhaite.

En revanche, une chose que j'ai presque toujours constaté : les chevaux difficiles à approcher s'arrangent pour que je sois à leur gauche. Souvent lorsque je m'occupe d'eux (pansage par exemple), ils essaient d'éviter que je passe sur leur droite en passant devant eux : ils me barrent le passage avec leur tête.

Je n'ai connu qu'une seule jument qui préfèrait le coté droit (contre plusieurs dizaines de "gauchers"). Parmi tous ces "gauchers" de l'abord, il y avait des individus d'horizons très différents : de vieux chevaux traumatisés par des maltraitements, ou des poulains même pas sevrés (et certainement pas maltraités !).

Pour aborder un cheval, il n'y a donc qu'une seule règle : la sienne.

Merci beaucoup pour votre commentaire. Nous sommes avides de ce genre d'info chez Cheval Attitude et j'aime beaucoup votre avis et votre partage d'expérience. Je pense que vous êtes tout à fait "dans le juste" et cela est d'ailleurs aussi illimité en possibilités qu'en nombre d'invividus, tout comme les êtres humains ! Et c'est ce qui est passionnant, merci encore de nous avoir fait partager cela.

... Quand vous aviez annoncé la tenue de ce colloque, j'ai longuement hésité à m'y rendre par peur d'être vite "larguée" ... mais à la lecture de ce premier article, comme je regrette d'avoir finalement renoncé !

Cet article est vraiment très très bien écrit, il contient une foultitude d'informations que nous, cavaliers, aurions tos intérêt à intégrer pour le bien-être de nos chevaux et de notre relation avec eux.

Propriétaire d'une jeune jument dite "difficile", cet article me permet de comprendre bien des choses sur le comportement de cette compagne parfois déroutante, voire dangereuse sans même le vouloir ...

Personnellement, j'ai un tout petit niveau de compétence autant monté qu'à pieds, mais malgré ces handicaps de départ, j'ai vraiment envie de développer une relation pérenne et sécure avec cette jument qui ne correspond pas du tout à ce qu'on conseillerait comme achat à un cavalier débutant. Mais elle est là, j'y suis très attachée, je crois que c'est réciproque, et vous faites partie de ces artisans qui vont participer à construire notre couple "cavalier-cheval" par l'intelligence et la sensibilité de votre démarche, qui n'hésite pas à bousculer les évidences d'un monde équestre tellement sûr de lui et de ses idées toutes faites ...

Bravo et longue vie à Cheval Attitude, un mag vraiement intelligent et novateur sur l'univers "cheval" !

Je ne peux que vous remercier pour votre soutien et vous confirmer ce que vous dit Sandrine.

Les études menées par les éthologistes, tout spécialement ceux dont il est question dans ma synthèse, dont beaucoup ont écrit dans notre magazine, sont pleines de rigueur, de bon sens et de minutie dans l'observation. Elles apportent des certitudes quand c'est possible et remettent en question les pseudo-vérités d'évidence. C'est ce que dit ma mise au point sur la manière d'approcher un jeune cheval.

Il en découle qu'il est toujours indispensable de bien réfléchir, de cultiver le sens de l'observation fine et de s'intéresser aux journées de colloques, conférences, études où les scientifiques font le point.

 

J'espère ne pas vous décevoir dans le second volet de ma synthèse et je vous encourage à persévérer.

Merci beaucoup ! Nous sommes très touchés de votre retour sur ce premier volet rendant compte de cette journée de la Recherche équine. Un second volet va d'ailleurs bientôt suivre et nous espérons qu'il vous plaira tout autant. Nous continuons dans la droite ligne de notre démarche éditoriale. Notre support a changé, mais pas notre détermination ! Sachez d'ailleurs que nous préparons aussi une nouvelle "mouture" de ce site, qui dans le courant de cette année, sera complètement refait et encore beaucoup plus "pro" (esthétique, fonctionnalités, contenus...). Nous faisons le maximum pour satisfaire tous nos lecteurs et cela ne risque pas de changer, car plus le temps passe et plus notre philosophie s'ancre dans ses convictions !

En ce qui concerne votre "cas personnel", je ne saurais que trop vous conseiller de passer autant de temps que possible à observer votre jument, à analyser ses conditions de vie et observer au plus près son comportement selon les situations. Une chose qui pourrait peut être beaucoup vous aider est de noter tout ce que vous pouvez observer à chaque occasion. Vous vous rendrez sans doute compte ensuite que des éléments auxquels vous n'auriez peut être pas pensé vont peut être revenir de façon récurrente. Faites un maximum de choses au sol avec elle car c'est cela qui pourra vous apporter la sécurité en selle et non le contraire. Je vous souhaite plein de bons moments avec elle et suis très heureuse que notre premier dossier ait pu vous apporter des pistes intéressantes. Bonne continuation.

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